Reseña por Domingo del Pino:
Este libro lo publicó Editions Publisud de Francia en 2003.
Es ya antiguo pero lo reseño porque es poco conocido aunque constituye un
formidable intento desmitificador de ese Tánger artificial que no refleja la
realidad de la ciudad. El mito lo construyeron esos escritores norteamericanos de que trata el libro, pero lo han/hemos
engordado después muchos otros tangerinos en
detrimento de nuestros propios relatos. Sin que ello signifique un juicio de
valor sobre la magnifica obra de conjunto de muchos de ellos, como Tennessee
Williams, Truman Capote, Gertrude Stein, Paul y Bowles, William Burroughs y varios más de otras varias
nacionalidades, lo cierto es que las experiencias personales que ellos vivieron
y relataron, en la mayoría de los casos es ajena por completo a la magnifica
historia de aquel Tánger internacional que vivimos y de aquel otro que en los
siglos anteriores crearon y animaron nuestros antepasados españoles cristianos, judíos y
musulmanes.
Los autores, Mari-Haude Caraës y Jean Fernandez son
investigadores, ella en Ciencias Políticas, y profesora en el ENSCI y HEC, y él
investigador en socio-antropología y profesor en la Universidad de Nanterre.
Lo que sigue son algunos extractos del texto:
“Quand on
arrive par mer à Tanger, se dessine d’abord sa vaste baie, réputée une des plus
belles du monde. On distingue nettement, sur la gauche, la ville moderne où s’étalent
et se dressent de hauts bâtiments, tandis que la vieille ville, medina et
Casbah, s’étage à flanc de la colline..Partout dans la ville, surtout tout
autour du Boulevard Pasteur, mais pas seulement, des lieux gardent la trace de
la présence étrangère: Casa Pepe, Café
Fuentes, théâtre Cervantes, Café de Paris, Café de Porte, Villa de France,
coiffeur Forêt Diplomatique, Tanger Inn, Winnis Bar, école américaine….
Qu’on
vienne à Tanger pour son site inoubiable, son passé prestigieux, en route pour
le sud, beucoup y viennent, et beaucoup d’écrivains, intellectuels et artistes
en tout cas, pour y faire ce que l’on n’appelait
pas encore, du tourisme sexuel…
Tanger ne
cesse d’être la proie des passagers du sexe. Evidemment, comme l’écrit
Tennessee Williams –qui au demeurant n’aimait pas Tanger –dans Mémoires d’un
vieux crocodile: “Je crois qu’il ne faut pas non plus prendre en consideration les
goûts et les déviations sexuelles d’un artiste pour déterminer la valeur de son
oeuvre. On peut s’y intéresser, c’est sûr”…
Chacun a
son réseau à Tanger et la production littéraire en fait longement part. Celui
de William Burroughs, outre Bryon gysin, l’inventeur des cuts en touts genres,
se compose de quelques membres de la Beat Generation: Jack Kerouac et Allen
Ginsberg. Ils n’y séjournent guère. Jack Kerouac y passé une semaine et
déteste la ville. Peu importe: l’essentiel consiste à passer par-là et venir
saluer les amis….
Il ne s’agit
pas de mythifier une ville dont certains disent qu’elle aurait fomenté, bercé, inspire,
une plethore d’écrivains. Si certains auteurs ont écrit à Tanger, très peu on
écrit sur elle….
Rarement et
à un tel point, une ville et des écrivains ont eu une telle connivance. On peut
lire ce rapport comme le paradigne terrible, inquiétant d’une illusion
entretenue souvent avec profit mais non sans perte. La perte c’est le
Tanger de derrière le décors qui la leur inflige…
Au terme de Tanger imaginaire et mythique, dans un
tourbillon de références et de citations, cette grande rêverie collective autour
d’une fiction, construit-elle une ville? Sous le masque du mythe, a-t-on encore
les moyens de discerner le réel? Les textes des écrivains occidentaux marquent
une fuite en avant ou l’impossibilité de clôre un récit.

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