8/10/2009

El Zoco Chico, gran teatro del mundo, visto por varios autores

Si las ciudades se escenifican preferentemente en algún lugar de ellas, Tánger era representada todos los días en el Zoco Chico. Por sus callejuelas estrechas y empinadas, sus bares y cafetines, sus comercios, iglesias, mezquitas y sinagogas, corría día tras día un torrente inagotable de vida, de gente de culturas diferentes, de sueños que nacían y realidades que despertaban.


Hasta los años treinta en que el centro de la ciudad se trasladó progresivamente a las modernas avenidas que iban surgiendo en el arenal que había sido la Huerta del Tío Frasquito, el Zoco Chico había sido ese Gran Teatro del Mundo que casi todas las ciudades medievales tuvieron.

Aqui recogeré todos los relatos válidos que encuentre sobre zaquel tiempo pasado que no viví pero que tantas veces he imaginado con esa nostalgia con que siempre se recuerdan, con razón o sin ella, los tiempos pasados.





Le Soco Chico vue par Isaac J. Assayag
TANGER connaissait, au début du siécle, une vie heureuse, paisible et, retranchée derriére ses antiques murailles portugaises, rien ne venait perturber sa tranquillité tant souhaitée de nos jours. Sortir hors les murs n'était pas l'habitude de ses habitants. Quitter son enceinte, vouloir s'aventurer loin de ses portes qu'on fermait la tombée de la nuit, ne venait nullement á 1'esprit des vieux tangérois qui voyaient en cela un risque á courir, une sortie, une escapade aux conséquences désagréables ou peut-être imprévisibles.

Dans cette petite place du «Soco Chico» (le Petit Socco), ce quadrilatère sonore et coloré, le coeur du vieux Tanger, ou dans ses principales ruelles comme la «Calle de los Cristianos» (la rue des Chrétiens) et celle «du Commerce" (calle del Comercio) ou encore dans les célébres quartiers de la Fuente Nueva et de Ben-Ider (Hauma de Ben-Ider), on se sentait tres à 1'aise et même en sécurité et 1'on n'éprouvait point le désir de vouloir découvrir un autre monde, pratiquement inexistant. Les dunes de sable qui entouraient alors la cité ne pouvaient offrir comete nouveauté á ses habitants que de fácheuses mésaventures, aucun signe de vie ne se reflétant même á 1'horizon...

Par son caractére trés cosmopolite, rien ne manquait dans cette place réduite, déjá célébre à l'époque. Centre commercial par excellence, sorte de forum oú se brassaient des affaires de tout genre, lieu de grand passage et de distractions, de réunions dans ses cafés et casinos, la vie s'y déroulait avec tout ce qu'elle pouvait offrir d'intéressant. Ce fut le temps de la plénitude. Plénitude dans son occidentalisation, plénitude dans son progrés, plénitude dans son bonheur et qui n'aura d'ailleurs son égal dans aucune autre époque ultérieure. Un demi-siècle d'insouciance émerveillée et de puissance dont on gardera longtemps la nostalgie.

Le 19éme siècle, qui vit l'apogée de l'expansion extraeuropéenne des puissances, vit par lá-même la rapide ascension de Tanger. Ainsi, cette ville s'occidentalisa de très honne heure, avant tout protectorat et toute sphère d'influence. Par sa situation géographique privilégiée, elle devenait la seule porte de l'Empire Chérifien ouverte sur 1'Europe. Choisi par les nations comme base de leur action dans le Moghreb, ce port, méme naissant, devint le siége de leur rayonnement politique en méme temps que le centre de la pénétration commerciale, voyant s'y établir légations et comptoirs. Tanger, entourée de ses hauts murs, sentait donc la nécessité de sortir de sa restreinte enceinte, de s'élargir, de s'étendre, de voir, pour sa circonstance, agrandir son périmétre urbain.

La ville avait alors de grandes portes. Une d'elles, la principale, celle de Bab-el-Fahs au Sud, avait accés à une large et terreuse esplanade qui était les jeudis et dimanches le lieu de palabres et réunions de tribus environnantes. Aussi, les campagnards, venus de tous les coins, avec une longue caravane de bourriquots, y apportaient charbon et toutes sortes de légumes qu'ils déchargeaient par terre.

Cette place, appelée a Souk-el-barra (souk hors la ville) et envahie complétement par une multitude d'ânes, était le point de départ vers un autre monde, inconnu jusqu'ici. Des terrains-vagues à perte de vue où seules quelques barraques et chaumières faisaient leur apparition à mesure que l'on s'aventurait au loin... Cependant, un long chemin, sablé et sinueux, bordé ça-et-lá de quelques arbustes, menait à quelque légère hauteur, vers une douoe colline qui offrait un très beau panorama sur la mer et la ville. Lá, sur cette hauteur très peu élevée et ignorée de tous, allait naître un jour, un quart de siècle plus tard, un boulevard, une belle et moderne avenue qui serait, sans conteste, le coeur d'un nouveau Tanger, le Boulevard Pasteur.

Le témoignage d'un tangérois, M. Joseph Bendahan, doyen des célibataires de la ville, qui nous évoque, gráce á sa mémoire séculaire, le souvenir de ses randonnées avec quelques amis sur ces parages isolés et désertiques, nous fait vivre rapidement ce qu'était au début du siécle, vers 1902, ce premier boulevard de Tanger :
« Nous nous aventurions, tout enfants que nous étions, sur des monts de sable assez éloignés de la ville et, debout sur une large platejorme, il nous semblait étre á l'autre bout du monde, tellement la distante nous paraissait longue pour y parvenir. Les dénivellations du terrain, les buissons épineu., les nombreux marécages rendaient la marche difficile pour arriver sur cette douce colline de sable d'oú l'on apercevait la mer et le détroit de Gibraltar ainsi que les blanches maisons de la cité. Il n'existait encore, lá où nous étions, aucune construction et pas la moindre maisonnette n'apparaissait méme á l'horizon, ne serait-ce que pour nous tenir compagnie dans cette solitude. Tout n'était que sable, steppe, étangs, eaux stagnantes et, á voir cette nature presque désertique, pouvions-nous imaginer, pour un seul instant, que ces mêmes endroits, foulés par nos jeunes pieds, deviendraient un jour l'artère principale d'un autre Tanger, d'un Tanger bien différent de celui que nous avons connu?.

Soco Chico as seen by
David S Woolman in
Stars in the Firmament. Tangier characters 1660-1960
Passegiata Press 1998

Little box-like shops lined the rue Siaghins which ran downhill from the Soco Grande to the Soco Chico, and beyond to the Spanish Steps, and this main artery became a whirling torrent when it rained. The Medina had only two small fountains from which to draw water for drinking, cooking and cleaning, and the populace was so concentrated that the entire medina had a most unpleasant stench. In fact an old Moorish proverb had it that "a penny's worth of incense fumigates the whole of Tangier."

The Soco Grande was mired in mud during the winter rainy season, a furnace of burnt clay under the fierce summer sun, and at all times swarmed with tribesmen, jugglers, storytellers, sorcerers and vendors of an astonishing variety of things. If you went out at night, you had a servant holding a lantern precede you so as not to step on or fall over Moors sleeping in gutters, dead animals, or dank sewage.

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